Hiver

Au fil des saisons, au rythme des marées et de la lune, la Baie de Somme et ses environs reçoivent la visite de nombreux oiseaux. Si l’arrivée de quelques-uns dépend de conditions très particulières, d’autres ont un calendrier assez régulier pour que l’on puisse fixer, à quelques jours près, rendez-vous avec eux…

Décembre :

Le temps des nuits les plus longues est arrivé et si le soleil ne daigne pas se montrer, l’hiver semblera encore plus dur aux espèces qui sont restées chez nous. Mais que le soleil se montre et on pourra entendre les strophes légères du Rouge gorge ou de l’Accenteur mouchet. Dans le marais endormi, sous la neige, rien ne semble bouger mais qu’il y ait un trou d’eau libre au milieu des roseaux courbés et l’on pourra observer le furtif Râle d’eau, une Bécassine sourde ou un Grèbe castagneux.

Si le gel n’est pas trop intense, les Vanneaux huppés et les Pluviers dorés n’auront pas à chercher leur pitance ailleurs que dans les champs gorgés d’eau de pluie ou les prairies détrempées. Les anatidés et tous les autres oiseaux nageurs trouveront la plupart du temps de quoi se satisfaire, l’eau profonde du canal maritime de la Somme et celle du chenal ne gèlent  que très rarement. La Baie de Somme et ses alentours sont de très bons sites pour l’hivernage de nombreuses espèces aviennes et leur position géographique en fait un petit paradis.

Janvier :

Au cœur de l’hiver, les anatidés sont en stationnement, depuis la minuscule Sarcelle d’hiver jusqu’au majestueux Cygne sauvage, en passant par les Canards siffleurs, chipeaux, souchets, pilets, les Fuligules milouins, morillons et les garrots à œil d’or.

Qu’une période particulièrement froide au nord-est de l’Europe survienne, on pourra aussi, çà et là rencontrer le trio des Harles, du petit piette, peluche blanche et noire, ou du huppé à la coiffe hirsute, au géant bièvre à la poitrine rosée. Les plongeurs seront aussi représentés par les Fuligules milouinans et par la Harelde de Miquelon. C’est aussi dans ces conditions extrêmes que l’on peut apercevoir les Cygnes de Bewick et la rare Oie naine.

Février :

Pour peu que le froid ne dure pas trop et que l’eau libre reste disponible en abondance, les anatidés commencent à se livrer à leurs parades nuptiales, tantôt discrètes comme chez les Fuligules, tantôt violentes pour les Canards siffleurs et les colverts chez qui plusieurs mâles n’hésitent pas à s’affronter à coups de bec pour s’octroyer les faveurs d’une femelle.

Chez les limicoles, on commence à entrevoir un petit mouvement de retour des hivernants les plus proches, dès le dégel des vasières et des bas-champs, Vanneaux huppés, Pluviers dorés et Barges à queue noire reprennent possession de ces lieux de nourrissage. Pour peu que souffle un chaud vent du sud, les premières Hirondelles de rivage et de cheminée peuvent apparaître vers la fin du mois.