Alors que la nidification bat son plein, certains migrateurs attardés se dirigent encore vers le grand nord. Ces retardataires croiseront peut-être les premiers contingents de migrateurs à destination du sud mais ils seront accompagnés par les Tadornes de Belon adultes qui, après avoir accompli leur devoir de parents, vont prendre quelque repos sur les immenses vasières de la mer du Nord et de la Baltique. Par contre, dans les buissons et les bois, les chants frénétiques des passereaux ont tendance à se faire plus discrets. Le ravitaillement des petits réclame des efforts incessants de la part de leurs parents.
Les Cigogneaux et les jeunes Spatules font des exercices de musculation sur le nid ou sur les branches avoisinantes. Les jeunes Canards effectuent leurs premiers vols tandis que leurs parents commencent à renouveler leur plumage ; bientôt les mâles et les femelles arboreront un plumage presque identique, la mue des rémiges les oblige à une prudente discrétion.
Après la frénésie des derniers mois, tout semble s’assoupir sous la chaleur du soleil. Les petits de toutes les espèces commencent à quitter les nids et à se disperser dans les environs. Les jeunes Etourneaux sansonnets se regroupent en petites bandes et explorent les champs, les mollières et les haies.
Sur le rivage arrivent les premiers migrateurs en route vers le sud. Les Sternes caugek, Pierre-Garin et naines s’abattent sur les alevins et les crevettes attirés par le plancton charrié dans le chenal de la Somme et les petits cours d’eau qui se jettent dans l’estuaire. Le nombre des Huîtriers pie stationnant à la pointe de Saint-Quentin augmente à chaque marée, les jeunes oiseaux se distinguent par leur bec encore très sombre et leur plumage brunâtre.
Le véritable mouvement de descente s’amorce pour les limicoles et les laridés, sur les plages les effectifs de Barges rousses, de Bécasseaux maubêches, variables, sanderlings et de Pluviers argentés commencent à prendre de l’importance. Les Courlis cendrés et Corlieux joignent leurs appels flûtés au pépiement des Huîtriers, le sable humide se couvre de traces de bec et d’empreintes aux longs doigts.
Au bord de mer, les Labbes pomarins et parasites rançonnent les Sternes et les Mouettes qui rentrent de la pêche, leur faisant souvent dégorger leur butin avant de s’en emparer.
Dans les marais, les Bécassines et les Sarcelle d’été volent de concert avec les Canards souchets au bec caractéristique. Les Butors étoilés sont de plus en plus discrets et se cachent au plus profond des roselières au cœur desquelles la Marouette ponctuée semble décompter le temps qui passe. Dans la vallée, le Blongios nain se prépare à quitter la région après avoir élevé sa progéniture dans le dédale du marais boisé.
Les passereaux reprennent leur chant territorial mais d’une manière moins insistante qu’au printemps. Le sifflement discret des Pouillots nous indiquent qu’ils sont encore présent mais pour le Fitis, il sera bientôt temps de commencer le périple qui le mènera vers des contrées aux hivers plus cléments. Quelques-uns nous ont déjà quitté tels le Loriot d’Europe, le Coucou gris qui, ne trouvant plus leurs aliments préférés, ont entrepris de rejoindre des lieux où les insectes et les larves sont encore disponibles en nombre.